Martin Choinière
– Le PDG qui fait bouger le monde
– Le PDG qui fait bouger le monde
N’attendez pas de Martin Choinière des déclarations fracassantes.
C’est par son leadership discret et son expertise remarquable qu’il a fait de Civilia une référence au pays en matière de gestion des transports.
Portrait d’un président humble et perfectionniste.
Quand on lui pose une question plus pointue, Martin Choinière détourne sa tête, s’arrête un instant pour réfléchir, comme s’il cherchait la meilleure solution au problème qu’on lui pose. Trait de caractère ou déformation professionnelle? Sans doute les deux. Pour cet ingénieur de formation, il y a rarement place à l’improvisation et aux approximations.
Faut comprendre. Son entreprise Civilia s’est construite sur les données, leur validité et les conclusions que l’on peut en tirer. La mission de l’entreprise longueuilloise? Développer des solutions technologiques pour optimiser les réseaux de transport et faciliter les déplacements des personnes et des marchandises sur un territoire donné.
« On cherche à améliorer les réseaux, résume le dirigeant, et du coup, à réduire les GES dans une perspective de développement durable. »
L’utilisation récente des données cellulaires qui a révolutionné l’analyse des patrons de mobilité en capturant 40% des déplacements sur un territoire donné est devenue un plus précieux allié pour l’entreprise.
Martin Choinière, PDG de Civilia
Prenons un exemple concret. Dans les derniers mois, Civilia a mis son expertise au service du MET, le nouvel aéroport métropolitain de Saint-Hubert.
« Nous avons simulé l’arrivée des 5 millions de voyageurs par année, explique le président.
Les réseaux en place étaient-ils suffisants? Fallait-il créer de nouvelles liaisons pour favoriser le transport collectif?
Nous avons fait du monitoring en temps réel des conditions d’accès pour mesurer les comportements des voyageurs, permettant de régler des problèmes éventuels avant même que les citoyens soient affectés. »
Fondée en 2016, Civilia s’est métamorphosée au fil des ans, passant d’une firme de génie-conseil traditionnelle à un rôle de concepteur et d’éditeur de solutions logicielles-services. Un SaaS (Software as a Service) comme le désigne le jargon. Mais tout cela sans renier ses origines.
Proposer à la fois une expertise d’ingénierie-conseil et des solutions technologiques adaptables à plusieurs réalités, voilà ce qui distingue Civilia sur le marché. «Ce fut mon plus grand défi, explique le président. Réinventer notre modèle d’affaires en cours de route. Il a fallu que je me déprogramme, et me reprogramme en même temps.»
Et qu’est-ce que ça fait concrètement un SaaS? «Nous proposons des outils numériques à des organisations, et nous les accompagnons dans leur mise en place. On se voit vraiment comme un partenaire numérique.» Merci de la précision, monsieur le président.
Martin et son équipe chez Civilia.
Martin Choinière a fait de la mobilité le fil conducteur de sa vie professionnelle. Dès son entrée à Polytechnique Montréal, il est rapidement attiré par le centre d’expertise en mobilité qui évolue déjà à l’époque à l’avant-garde du développement de solutions technologiques. «Je suis tombé dans la potion magique», comme il aime le souligner. C’est là qu’il rencontre Robert Chapleau, son professeur et mentor, qui le guide dans son parcours académique.
La route de Martin Choinière est d’ailleurs jalonnée de rencontres déterminantes. En commençant sa carrière à la Société de transport de l’Outaouais, «une des premières sociétés de transport en Amérique du Nord à utiliser la donnée en temps réel.», il croise le chemin du directeur général de l’époque, Georges Gratton, qui le prend sous son aile et lui permet de se réaliser à ses côtés.
Encore aujourd’hui, Martin Choinière est entouré d’une garde rapprochée 7 personnes, ses «anges gardiens», dit-il affectueusement, issus de plusieurs milieux, ingénieurs, administrateurs, informaticiens qui le conseillent, l’orientent, le challengent. «Ils croient au projet, à l’équipe. Je ne pourrais jamais leur redonner tout ce qu’ils nous ont apporté.»
Martin Choinière a passé l’essentiel de sa carrière dans le génie-conseil, développant une expertise de pointe dans l’amélioration des réseaux de transport multimodal. Rapidement, ses patrons ont vu en lui des qualités de gestionnaire. Lui-même se considère comme un mobilisateur, capable de gérer des équipes et de mener à bien des projets. «Il y a deux façons d’avoir du pouvoir, soit par l’autorité, soit par le leadership. J’ai choisi la deuxième.»
Et la transition d’ingénieur à entrepreneur, comment s’est-elle opérée? «Mes acquis en gestion sont là, mais je ne suis pas un entrepreneur, j’apprends encore à le devenir. À développer mes compétences. Je suis resté un ingénieur dans l’âme. Comme ingénieur, j’ai reçu un jour un jonc pour certifier que je l’étais. Le sceau d’entrepreneur, je l’attends toujours», soutient-il en souriant.
Avec le temps, le cartésien perfectionniste qu’il est a appris à vivre avec l’imprécision, le doute et le risque. Pendant longtemps, par peur de se tromper, il a gardé ses plans pour lui. Il a négligé par le fait même de se projeter, lui et son équipe, dans le futur. Aujourd’hui, il a changé son fusil d’épaule. Il comprend les énormes bénéfices de la planification stratégique. «Bien transmettre ta vision facilite la mobilisation des gens dans l’entreprise. C’est clair qu’elle doit redescendre.»
Civilia a le vent dans les voiles. Pour expliquer son succès, Martin Choinière reconnaît qu’en plus de l’équipe solide et solidaire qui gravite autour de lui, il évolue dans un domaine, le transport, qui s’avère, sans jeu de mots, très porteur. Un domaine qui utilise des outils performants et éminemment actuels comme l’intelligence artificielle.
En décembre dernier, Civilia a enrichi sa capacité d’analyse de la circulation en faisant l’acquisition de l’entreprise québécoise Data Traffic, qui fait des relevés de circulation multimodaux depuis 20 ans, à travers le Québec, l’Ontario, et le Nouveau-Brunswick. Avec près de 200 appareils de relevés de circulation et plus de 15 000 études de projets à son actif, Civilia a tous les outils en main pour servir des clients d’un océan à l’autre.
La circulation des individus et des marchandises ne risquant pas de diminuer, Civilia a de beaux jours devant elle. Pour le président, grand sportif devant l’éternel, qui a fait du vélo un moyen de transport et son évasion du week-end, les défis risquent d’aller en grandissant. Et en se complexifiant. Ce qui n’est pas pour lui déplaire.
Entrepreneur un jour, ingénieur toujours.
Texte d’Hugo Léger
Malcom.one | Stratégie d’affaires
Martin Choinière, PDG de Civilia.
